Jeannie Lucas,

Céramiste

Jeannie Lucas vit et travaille à  Paris et dans la Drôme. Son travail met en scène l’identité féminine et sa présence dans l’histoire de la peinture déclinée sous divers médiums (peintures, dessins, photographies, sculptures de robes en céramique). Deux sculptures de robe à  l’échelle 1 en faïence émaillée et une photographie sur bâche de 3 m X 5 m acquises par le Château Comtal esquissent en Ariège le personnage d’Esclarmonde de Foix, figure symbolique du catharisme. Une double représentation de l’Impératrice Joséphine, « Merveilleuse » la plus en vue du Directoire, répond au Musée des Arts Décoratifs et des Tissus et à  la Biennale d’Art Contemporain de Lyon. Lors de l’exposition Complicités artistiques à  Desvres, deux figures tutélaires de la main d’œuvre féminine d’une manufacture au XIXe siècle se confrontent : les peintures de l’ouvrière-peinteuse et de la contre-dame font face à  leurs sculptures en céramique, robes évidées où les corps absents prennent forme, statufient celle qui commande à  celle qui œuvre aux décors. En 2015, elle réinterprète pour l’exposition Tableaux Fantômes, le portrait de Mme Vigée-Lebrun et sa fille, disparu lors de la guerre 14/18 au musée de Bailleul. Parallèlement aux installations des thématiques de chaque exposition, elle a créé « Terres rares », collections de pièces uniques et « Mon objet de faïence », petites séries de formes multiples à  couverture monochrome.

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Mon village coup de coeur,

par Jeannie Lucas

« En Drôme provençale, perchée sur une colline à flanc de coteaux, Châteauneuf de Mazenc, village médiéval, s’élève fièrement face au couchant de la plaine de la Valdaine. Sous le beffroi, place du Sel, pas de silence dans le voisinage des fleurs, mais un chuchotement essaimé par le murmure du vent où les roses trémières se balancent doucement devant l’Atelier d’Été. Ouvert tous les ans à la belle saison, sous les caves voutées de l’ancienne Judicature, autour de mon travail, peintures et pièces uniques en faïence émaillée peintes à la main, je convie quelques uns de mes amis artistes. Nos œuvres conversent entre elles le temps d’un été. Céramiques, photographies et peintures s’entretiennent, se chamaillent, formes et couleurs s’interpénètrent, s’accordent un instant à se taire un peu, voisinent quelque temps en parfaite proximité, puis reprennent leur léger va-et-vient,  «Il y avait des fleurs», propre à  l’autonomie de toute oeuvre artistique. »

 

Village